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MANOIR

DE LA

BONELIERE

Le jardin médiéval

Du jardin clos au jardin des délices

    Le Moyen Age s'étend  sur un millénaire depuis la chute de l'Empire romain en 470 jusqu'à la fin du XVème siècle. L'histoire des jardins du Moyen Age est étroitement liée au cours des événements qui marquent cette longue période. 
    Le jardin médiéval  est une représentation de la nature, qui doit respecter une étroite symbolique : la recherche du paradis perdu et la quête de l'être aimé. Ces deux symboliques se confondent dans les derniers siècles du Moyen Age.
    Pendant le bas Moyen Age, le jardin est un lieu clos, un "hortus conclusus", espace utilitaire qui fournit l'essentiel des aliments mais aussi des remèdes, des teintures et des fibres végétales. Se nourrir, se vêtir, guérir sont les préoccupations fondamentales de la société.
    Avec la paix  retrouvée, l'aisance et le nouveau mode de vie des chevaliers, les siècles du haut Moyen Age voient se développer des jardins d'agrément, les "hortus deliciarum", véritables lieux de délices évoquant le jardin d'Eden.

Les sources

    Au Moyen Age, le monde de la nature et le monde des textes sont indissociables. L'homme médiéval ne regarde pas les plantes, il les voit à travers la lecture des textes fondateurs : les écrits religieux et ceux de l'Antiquité gréco-latine.
    La religion est omniprésente, la Bible est 
l'oeuvre la plus lue. La Genèse décrit le  paradis 
terrestre, jardin situé au milieu de l'Eden. 
    La miniature ci-contre, "L'expulsion d'Adam et 
Eve du Paradis", illustre bien cette symbolique. 
Le Paradis qui y est représenté est à l'image 
des jardins médiévaux, si ce ne sont les jardins 
médiévaux qui sont à l'image du Paradis!
L'homme rêve de jardins semblables; le jardin de 
l'Eden est ainsi devenu l'archétype des jardins 
médiévaux.

L'ordonnance de Charlemagne
    Le capitulaire de Villis est une ordonnance 
rédigée en 795 que l'on attribue à Charlemagne. Ce document nous apprend comment, sous les premiers Carolingiens, était conçue la gestion des terres appartenant au roi. 
Les plantes qui y sont énumérées sont au nombre de 94.

Le plan de Saint-Gall 
    Le plan du monastère de Saint-Gall , situé sur les bords du lac de Constance, nous renseigne sur l'état de la botanique, mais aussi sur l'art des jardins. Ce plan a été élaboré vers 817 afin de servir de modèle pour la construction de tout monastère.

Le Theatrum Sanitatis et la Tacuinum Sanitatis
    Ces deux ouvrages de référence, directement inspirés d'oeuvres arabes, auront une grande influence sur l'Occident.

Le Livre des simples médecines 
    L'Ecole de Salerne est le creuset de brillants médecins. L'un d'eux, Matheus Platearus, écrit entre 1130 et 1160, l'un des plus célèbres traités de simples de la fin du Moyen Age : Le liber de simplici medica, Le Livre des simples médecines. Cet ouvrage représente la synthèse de tous les savoirs de l'Europe enrichis de la culture du monde islamique. Les plantes qui y figurent, au nombre d'environ 450, sont classées par ordre alphabétique (nouveauté pour l'époque) et étudiées en fonction de leurs vertus thérapeutiques.

Le Livre des subtilités des créatures divines
    Hildegarde von Bingen, abbesse bénédictine de Rupersberg (Allemagne) écrit au XIIème siècle une oeuvre originale à partir de l'observation des plantes et de leurs effets : Le Livre des subtilités des créatures divines. Dans ce livre, elle compose son propre herbier, qui comprend environ 200 plantes, et recommande les médicaments élaborés à partir de ces plantes.

La structure du jardin médiéval

    Bien qu'il y ait eu une évolution au cours du Moyen Age, il est possible de définir l'archétype  du jardin médiéval. Il s'inspire du jardin d'Eden avec toutefois quelques variantes. Alors que le jardin d'Eden est circulaire, reprenant la dimension sphérique de l'univers céleste, le jardin médiéval  est carré, figure géométrique parfaite, symbole de la terre. Le chiffre quatre est celui des éléments, des saisons qui rythment la vie du jardin. 
Les allées sont en forme de croix. Souvent au milieu se situe un puits ou une fontaine, comme dans le jardin du paradis où confluent quatre fleuves (voir  miniature ci-contre).
    Cet espace est presque toujours clos. Il  est entouré 
de murs, de palissades, de fascines ou de plessis. 
Ces clôtures ont un double but : elles éloignent les bêtes et les maraudeurs  et en même temps repoussent les esprits malfaisants.
Le jardin est divisé  en plusieurs espaces carrés. 
Il a la forme d'un damier. Chaque carré est 
délimité par des plessis et a une spécificité : le carré 
des légumes, des plantes médicinales, des plantes 
tinctoriales, des fleurs... 
    Des allées séparent les carrés. 
    Une source d'eau est indispensable  à tout jardin, 
elle est symbole de la vie. 

    La tonnelle enrichit également de nombreux jardins médiévaux; elle est recouverte de verdure, le plus souvent elle fait  fonction, soit de lieu de passage, soit de lieu de détente.